DIG/ Sur le papier, l’Assemblée nationale incarne à elle seule l’exemple que les autorités gabonaises aimeraient voir généralisé.
Entre 2025 et 2026, ses effectifs ont reculé de 439 à 421 agents, et sa masse salariale suit la même pente, passant de 7,52 à 6,25 milliards de FCFA, soit 1,27 milliard de FCFA en moins, une baisse de 16,9 %.
À première vue, l’équation est simple et vertueuse : moins d’agents, moins de dépenses.
C’est précisément le genre de trajectoire que l’on attendrait d’une institution engagée dans un effort sincère de maîtrise de la dépense publique.
Une baisse qui ne s’arrête pas aux effectifs
Sauf qu’à y regarder de plus près, la baisse de la masse salariale va plus vite que celle des effectifs. Les postes reculent de 4,1 %, la masse salariale de 16,9 % : un écart de plus de douze points qui ne s’explique pas seulement par le départ de 18 agents.
Le coût salarial moyen, lui aussi, diminue, passant de 17,1 à 14,8 millions de FCFA par agent et par an. Autrement dit, l’Assemblée nationale ne se contente pas d’employer moins de monde : elle rémunère aussi, en moyenne, chaque agent restant un peu moins qu’avant.
Une double contraction, plus discrète que celle des effectifs bruts, mais tout aussi réelle.
Une rigueur à relativiser face à d’autres institutions
Ce repli mérite cependant d’être remis en perspective. L’assemblée nationale reste, et de loin, l’une des institutions les mieux dotées du tableau : avec 6,25 milliards de FCFA en 2026, sa masse salariale demeure supérieure à celle du Sénat, de la Cour constitutionnelle et de la HAC réunies.
La rigueur, ici, s’applique, mais depuis une position confortable, et sans remettre en cause le rang de l’institution dans la hiérarchie budgétaire des pouvoirs publics.



