Africa Forward à Nairobi : Ce que le sommet France-Afrique va changer pour le Gabon

DIG / Les 11 et 12 mai 2026, Nairobi devient le centre de gravité de la diplomatie franco-africaine.

La France et le Kenya co-organisent le sommet Africa Forward, près de dix ans après le discours fondateur du président Emmanuel Macron à Ouagadougou.

Symbole fort : c’est la première fois qu’un tel sommet se tient en territoire anglophone. Un signal clair d’une France qui entend désormais dialoguer avec l’Afrique dans toute sa diversité, bien au-delà de son ancien pré carré francophone.

Deux jours, deux agendas

Le 11 mai, place aux affaires. Un forum réunira plus de 2 000 participants (dirigeants, jeunes entrepreneurs, artistes, sportifs) avec en ligne de mire des accords concrets et le lancement d’une coalition pour l’industrialisation durable.

Le lendemain, les chefs d’État et de gouvernement prendront le relais pour traiter des grands équilibres mondiaux : financement du développement, transition énergétique, réforme de la gouvernance internationale.

Les conclusions nourriront directement le G7 qu’accueillera la France à Évian en juin.

Le Gabon dans le jeu

Libreville sera bien dans la salle. Le partenariat franco-gabonais couvre des pans entiers de l’économie nationale.

Perenco alimente déjà les centrales à gaz du pays, tandis que des projets hydroélectriques sont en exploration.

Sur le numérique, Paris a accompagné la digitalisation des finances publiques gabonaises.

Sur le plan environnemental, les deux pays co-facilitent le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo, adossé à un engagement de 2,5 milliards de dollars acté à la COP30.

La jeunesse, nouveau cœur du partenariat

Africa Forward ne se résume pas à des contrats d’affaires. La jeunesse est au centre du projet.

Au Gabon, l’Institut Français de Libreville, dont la rénovation a été achevée en 2025 incarne cet engagement : soutien à la création artistique, aux festivals, aux industries culturelles et créatives.

L’ambassade affirme également accompagner journalistes, défenseurs des droits humains et organisations féministes, ces acteurs qui, selon Paris, participent à construire le « nouveau Gabon ».

Une coopération militaire redéfinie, pas abandonnée

La question sécuritaire reste sensible.

Depuis 2023, la France a reconfiguré son dispositif militaire sur le continent, assumant la fin de la logique des bases prépositionnées.

Au Gabon, le Camp de Gaulle demeure opérationnel, mais son rôle évolue : formation, renforcement des capacités, partage de renseignement. Un repositionnement négocié avec Libreville, que Paris présente non comme un retrait, mais comme une modernisation de la coopération de défense.

 

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La Redaction

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