Centrale d’Achat du Gabon : L’efficacité est-elle garantie ?

DIG / Avec l’opérationnalisation très attendue de la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG), le gouvernement entend reprendre le contrôle sur le coût des produits de première nécessité.

C’est une réponse directe à l’urgence sociale. En effet, la CEAG a pour mission de casser la spirale inflationniste qui frappe les produits de grande consommation (riz, huile, sucre, etc.).

Toutefois, pour que cette initiative ne soit pas un simple coup d’épée dans l’eau, sa réussite repose sur des fondamentaux stricts qui impliquent autant l’État que les citoyens.

Reprendre le contrôle total de la chaîne

Le premier défi de la CEAG est logistique et réglementaire. L’État doit impérativement verrouiller le circuit en instaurant un contrôle rigoureux et transparent dès le cordon douanier.

Pour éradiquer la spéculation, tous les maillons de la chaîne (importateurs, grossistes, transporteurs et détaillants) sont désormais soumis à un processus d’agrément obligatoire.

Le citoyen érigé en « gendarme » des prix

C’est la grande innovation de cette riposte gouvernementale : le consommateur devient le principal rempart contre la fraude. Via un numéro vert et une plateforme numérique dédiée, chaque Gabonais est appelé à se transformer en sentinelle économique.

Photographier les rayons, vérifier l’application des tarifs officiels et dénoncer les abus : la plateforme compte sur cette vigilance citoyenne pour débusquer les commerçants véreux.

Tolérance zéro et réactivité de l’État

Cependant, l’alerte citoyenne sera vaine sans une réponse implacable des pouvoirs publics. Le succès de la CEAG dépendra de la force de frappe de la Direction Générale de la Concurrence et de la Répression des Fraudes (DGCCRF).

Des descentes rapides sur le terrain et des sanctions exemplaires seront nécessaires pour dissuader les pratiques abusives.

L’enjeu de demain : la souveraineté alimentaire

Si la mise en place de la CEAG permet de colmater l’urgence en régulant les importations et en luttant contre l’économie informelle, elle ne règle pas le problème de fond.

À long terme, la seule véritable victoire contre la vie chère passera par la réduction de notre dépendance aux marchés extérieurs, en boostant massivement la consommation et la production locales.

Le combat ne fait que commencer.

 

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La Redaction

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