DIG / Décidément, la tension entre le Gabon et le groupe turc Karpowership ne faiblit pas.
Selon les révélations du média Africa Intelligence, l’opérateur turc réclame une créance de 11 milliards de F CFA à la Gabon Oil Company, au titre de l’approvisionnement en fioul de ses centrales flottantes allant de février à septembre 2025.
La réponse de la GOC ne s’est pas fait attendre. Son directeur général Marcellin Simba Ngabi a rejeté sans détour toute obligation légale de règlement, renvoyant Karpowership vers la SEEG.
Pourtant, la GOC reconnaît avoir déjà avancé 16,8 millions de dollars pour l’achat de fioul et 3,1 millions pour le raccordement au réseau de gaz, sur instruction des autorités publiques. Soit près de 20 millions de dollars (11,2 milliards de FCFA).
Ping Pong
Des avances qui n’ont visiblement jamais été remboursées, transformant une mesure d’urgence en contentieux durable.
Au cœur de cette cascade de responsabilités se trouve la SEEG, dont la dette globale atteindrait 150 milliards de F CFA selon le ministre Philippe Tonangoye. C’est elle que la GOC désigne comme débitrice réelle.
Mais la SEEG peut-elle réellement absorber une telle pression financière, alors que l’État lui-même a déjà dû débloquer en urgence 7 milliards de F CFA le 19 mars 2026 pour éviter un blackout à Libreville ?
Pression permanente
Le contrat Karpowership, signé durant la transition sous l’impulsion de Jeannot Kalimat, apparaît aujourd’hui comme un engrenage dont personne ne maîtrise plus le coût réel.
Les deux parties cherchent à en sortir, mais les menaces d’interruption de production continuent de planer, faisant de Libreville une capitale sous pression permanente, otage de ses propres arrangements contractuels.
Aujourd’hui la question centrale reste sans réponse : l’État gabonais dispose-t-il d’une stratégie cohérente pour apurer ses dettes énergétiques, ou continuera-t-il de naviguer d’urgence en urgence, en attendant la prochaine mise en demeure ?
Avec ce bras de fer permanent, c’est toute l’architecture financière du secteur énergétique gabonais qui se fissure.
Une dette qui s’empile sur d’autres dettes, dans un système où personne ne veut payer en dernier.



