DIG / La création d’une task force réunissant quatre ministères pour restructurer la CNAMGS est un aveu implicite : la crise de l’assurance maladie au Gabon n’est plus un problème de santé publique, c’est un problème financier, social et de gouvernance systémique.
Trois démons à exorciser
Trois maux rongent la caisse :
- D’abord les dettes accumulées envers les hôpitaux, cliniques et pharmacies partenaires, qui ont rendu les cartes d’assurance inutilisables pour des milliers d’assurés contraints de payer leurs soins de leur poche.
- Ensuite, le fichier des Gabonais Économiquement Faibles (GEF), infiltré par des bénéficiaires qui n’y ont plus droit — fonctionnaires et salariés du privé déjà cotisants — faute de croisement des données.
- Enfin, des dépenses incontrôlées : évacuations médicales abusives, prescriptions hors liste, procédures détournées.
Un test de crédibilité social
Face à l’ampleur du chantier, l’architecture interministérielle est logique : les Finances pour la dette, l’Intérieur et la Fonction publique pour purger les fichiers, la Santé et les Affaires sociales pour réorganiser les soins. Chaque ministère détient une pièce du puzzle.
Mais le vrai défi n’est pas technique.
Sous la pression de la FEG qui exige un audit et d’assurés excédés, il est politique : imposer la rigueur là où régnait le laisser-aller.
Pour le gouvernement, c’est un test de crédibilité sociale qu’il ne peut pas se permettre de rater.



