Collecte des ordures : Eugène Mba prône la force pour éduquer les citoyens

DIG / La mairie de Libreville hausse le ton contre les dépôts anarchiques d’ordures. Dans un communiqué daté du 13 août 2026, le maire Eugène M’BA rappelle les règles fixées par l’arrêté municipal de 2022 et annonce la constitution d’une Brigade municipale chargée de réprimer les infractions.

Le texte vaut désormais « mise en demeure » pour les populations.

Une règle simple : déposer au bon endroit et au bon moment

La municipalité rappelle que les ordures ménagères doivent être placées dans des sacs poubelles fermés, puis déposées directement dans les camions lors du passage des équipes de collecte, entre 18 heures et 21 heures.

Les déchets commerciaux, industriels et biomédicaux doivent, eux, être pris en charge par des prestataires agréés.

Sur le papier, la règle est donc claire. Le problème est désormais celui de son application effective dans une ville où les dépôts sauvages et les accumulations de déchets restent visibles dans plusieurs quartiers.

Le passage de la sensibilisation à la répression

Le principal changement apporté par ce communiqué réside dans le ton employé. La mairie ne se contente plus d’appeler au civisme : elle annonce des contrôles et des sanctions, avec une brigade municipale dédiée à la répression des infractions.

Cette évolution intervient après les récentes interpellations des autorités municipales sur l’insalubrité de Libreville, notamment lors de la tournée du président Brice Clotaire Oligui Nguema dans plusieurs quartiers de la capitale.

Mais la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les ménages

C’est ici que se situe la principale limite du dispositif. Exiger des citoyens qu’ils déposent leurs déchets directement dans les camions suppose que les camions passent effectivement, régulièrement et aux horaires annoncés.

La question de la salubrité urbaine est donc nécessairement à double sens : les habitants doivent respecter les règles de dépôt, mais la municipalité et les opérateurs chargés de la collecte doivent également garantir un service suffisamment régulier pour rendre ces règles applicables au quotidien.

Cette interrogation est d’ailleurs relevée dans le débat public autour du communiqué.

Une mise en demeure qui devra produire des résultats

Le communiqué marque incontestablement un changement de méthode : la mairie veut passer de la sensibilisation à la responsabilisation, puis à la sanction. Mais la réussite de cette nouvelle politique ne se mesurera pas au nombre de contraventions ou d’interpellations.

Elle se mesurera surtout à la disparition progressive des dépôts sauvages, à la régularité de la collecte et à l’amélioration visible du cadre de vie.

Pour Libreville, le véritable défi commence donc maintenant : faire respecter les règles sans donner aux citoyens le sentiment que la sanction vient compenser les insuffisances du service de collecte.

La propreté d’une capitale relève certes du civisme, mais aussi de la qualité et de la continuité du service public.

 

 

 

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La Redaction

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