Loi de finances rectificative 2026 : Les nouvelles craintes de Fitch Rating

DIG / La révision du budget gabonais pour 2026 rend les prévisions plus réalistes, mais révèle surtout une équation financière toujours tendue.

Selon Fitch Ratings, dans son dernier rapport publié le 10 août 2026,  le déficit budgétaire pourrait atteindre 6,7 % du PIB, tandis que le recours accru à des financements extérieurs commerciaux pose la question de la soutenabilité de la dette et complique la perspective d’un nouvel accord avec le FMI.

Des prévisions corrigées, mais un déficit toujours élevé

La loi de finances révisée, publiée le 21 juillet, réduit de 23 % les recettes attendues et de 45 % les dépenses d’investissement par rapport aux hypothèses initiales. Une correction jugée plus crédible par Fitch, mais qui ne suffit pas à résorber le déséquilibre budgétaire.

Les investissements publics restent, en effet, élevés, à 8,5 % du PIB, bien au-dessus de la moyenne de 2,7 % enregistrée entre 2020 et 2024. Le paradoxe est toutefois que leur exécution demeure faible : seulement 23 % de l’objectif révisé aurait été réalisé au premier semestre, ce qui pourrait finalement conduire à un déficit annuel inférieur aux 6,7 % prévus.

Le financement, principal point de fragilité

Pour couvrir ses besoins, Libreville mise davantage sur l’endettement extérieur commercial, avec notamment 1 milliard de dollars auprès de Trafigura et 1,5 milliard de dollars d’émissions d’euro-obligations.

En juillet, le Gabon a également finalisé un placement privé de 920 millions de dollars, assorti d’un rendement d’environ 12,6 %.

Ce recours à des financements coûteux intervient alors que les besoins d’amortissement intérieur restent importants, estimés à 11,6 % du PIB en 2026. La marge de manœuvre sur le marché régional de la CEMAC apparaît limitée.

Les arriérés au cœur du dossier FMI

Autre enjeu majeur : l’apurement des arriérés. Le Gabon prévoit d’affecter environ la moitié du récent placement privé au règlement d’une partie de ses dettes extérieures. À fin 2026, les arriérés extérieurs sont estimés à 761 millions de dollars.

Pour Fitch, l’audit de la dette publique sera déterminant dans les discussions avec le FMI. Il doit permettre de clarifier le véritable niveau d’endettement du pays et de servir de base à une nouvelle analyse de soutenabilité.

En définitive, le budget révisé améliore la crédibilité des prévisions, mais ne règle pas l’équation financière gabonaise. Le véritable défi pour Libreville sera désormais de financer ses investissements sans alourdir davantage une dette déjà élevée, tout en rétablissant suffisamment de confiance pour renouer avec le FMI.

 

 

 

 

 

 

 

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La Redaction

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