DIG / La promulgation récente de la Loi de finances rectificative de juillet 2026 autorise l’État à emprunter 1,5 milliard de dollars.
Mais les méthodes de financement prévues suscitent des interrogations sur la transparence de l’opération.
L’Article 82 donne un blanc-seing à Thierry MINKO, ministre des Finances pour lever près de 858 milliards de francs CFA.
Si l’objectif affiché est légitime car il s’agit refinancer la dette et de soulager la trésorerie, c’est l’ingénierie juridique qui interpelle.
Interrogations
Le texte autorise explicitement l’utilisation de « véhicules financiers » et de divers « collatéraux ».
En haute finance, un véhicule financier, souvent appelé SPV est une structure juridique créée sur mesure, parfois domiciliée à l’étranger, pour porter une transaction ou gager discrètement des actifs comme des futurs revenus pétroliers.
Bien que parfaitement légaux, ces montages ultra-complexes ont un défaut majeur : Ils opacifient les finances publiques.
À s’appuyer sur ces mécanismes adossés à des garanties souveraines et assortis d’exonérations fiscales totales, le Gabon risque de basculer vers une « dette cachée » comme au Sénégal.
Une architecture financière complexe, qui rendra le suivi de l’argent public et le contrôle des créanciers réels extrêmement difficiles pour la société civile et les institutions de contrôle.



