DIG / Ces derniers temps, des indiscrétions mettent en lumière ce que plusieurs acteurs économiques qualifient de « stratégie d’asphyxie » du marché immobilier gabonais.
Selon ces révélations, des réseaux d’affaires influents — en particulier issus de la communauté libanaise — appliqueraient à Libreville et Akanda un procédé d’accaparement foncier déjà éprouvé à Abidjan : rachat systématique des parcelles stratégiques, construction rapide d’immeubles commerciaux ou résidentiels, et verrouillage de l’offre disponible.
Une dépendance locative qui asphyxie les entrepreneurs locaux
Le mécanisme décrit est à la fois simple et redoutable. En préemptant le foncier grâce à d’importants capitaux, ces réseaux contraignent les commerçants et entrepreneurs gabonais à louer plutôt qu’à acquérir leurs propres locaux.
Une part significative des bénéfices générés par les acteurs locaux se trouve ainsi captée sous forme de rentes immobilières.
À terme, contrôler l’immobilier commercial revient à contrôler l’ensemble du tissu économique local — sans jamais avoir à vendre le moindre produit.
La Baie des Rois : la souveraineté foncière en question
Les mêmes sources pointent également l’influence de certaines figures au sein de l’appareil décisionnel, évoquant l’attribution de près d’un tiers des parcelles du projet national emblématique de la Baie des Rois à ces mêmes réseaux.
Une allégation sérieuse qui soulève une interrogation fondamentale : comment concilier l’attraction des investissements privés avec la préservation de la souveraineté foncière nationale ?
Les leviers d’action pour les pouvoirs publics
Cette alerte interpelle directement les autorités sur trois leviers prioritaires :
-Réguler le marché foncier : instaurer un droit de préemption ou des quotas réservés aux investisseurs gabonais sur les sites d’aménagement stratégiques.
-Encadrer les baux commerciaux : mettre fin aux abus de position dominante qui étouffent la compétitivité des PME locales.
-Assurer la transparence : renforcer la traçabilité des capitaux et le contrôle de l’actionnariat immobilier dans les grandes agglomérations.
En réalité, le fond du problème dépasse la seule origine des capitaux : c’est l’absence de régulation stricte qui permet aujourd’hui à n’importe quel opérateur, gabonais ou étranger, de spéculer librement sur le patrimoine foncier national.


