DIG / Au Gabon, l’entrepreneuriat féminin progresse, mais cette dynamique reste confrontée à des obstacles économiques et sociaux qui limitent encore son potentiel.
Selon les statistiques officiels, les femmes représentaient 30 % des nouvelles entreprises créées au premier trimestre 2025, signe d’une présence croissante dans le commerce, les services, l’agro-industrie ou encore le numérique.
De la débrouille à la création de valeur
Cette progression traduit une évolution importante : de plus en plus de Gabonaises ne se contentent plus d’activités de subsistance et cherchent à structurer de véritables entreprises.
Des programmes comme Femmes d’Avenir, qui accompagne des entrepreneures dans la formation, le mentorat et le développement de leurs activités, participent à cette transformation.
En 2026, le programme prévoit ainsi d’accompagner 100 femmes.
Mais le principal défi reste celui du financement. En mai 2026, seules 98 PME dirigées par des femmes sur les 436 PME accompagnées par la Société de Garantie du Gabon (SGG), soit environ 22 %, étaient féminines.
Pour répondre à ce déficit, la SGG a lancé en juillet 2026 une garantie pouvant couvrir jusqu’à 75 % d’un crédit bancaire éligible.
Un frein financier, mais aussi social
L’obstacle n’est toutefois pas uniquement bancaire. Selon plusieurs témoignages, certaines entrepreneures doivent encore composer avec les préjugés sur l’indépendance financière des femmes, la pression familiale ou la difficulté à concilier activité économique et responsabilités domestiques.
La réalité de l’entrepreneuriat féminin au Gabon est donc paradoxale : les femmes sont de plus en plus nombreuses à entreprendre, mais pas encore suffisamment nombreuses à accéder aux moyens permettant de faire grandir leurs entreprises.
Le véritable enjeu n’est désormais plus seulement de favoriser la création d’activités, mais de permettre leur formalisation, leur financement et leur passage à l’échelle.
Le défi pour le Gabon sera ainsi de transformer cette « montée en puissance » en un véritable moteur de création d’emplois, de revenus et de diversification de l’économie.



