DIG / Avec l’appui de la Banque mondiale, une mission technique conduite par une ingénieure italo-sénégalaise spécialisée s’est déroulée la semaine dernière à Libreville, pour accompagner le développement d’une filière de gestion des boues de vidange au Gabon.
Une filière quasi inexistante dans une ville en pleine croissance
À Libreville, en effet, la gestion des boues de vidange se résume aujourd’hui essentiellement à l’évacuation des fosses septiques, sans traitement structuré ni valorisation.
Le problème est aggravé par une urbanisation rapide qui exerce une pression croissante sur des infrastructures d’assainissement déjà insuffisantes, au risque de pollution des cours d’eau, des sols et des nappes phréatiques.
L’enjeu est de structurer une chaîne complète : collecte, transport, traitement et valorisation des boues.
Des projets de stations de traitement ont déjà été envisagés dans le Grand Libreville, notamment à Libreville, Owendo et Akanda.
Un gisement d’activités économiques et d’emplois
Au-delà de la santé publique, la structuration de cette filière représente une opportunité économique concrète.
La mise en place d’un service public d’assainissement organisé, contrôlé et économiquement viable pourrait générer de nouvelles activités — collecte professionnalisée, exploitation de stations de traitement, valorisation agronomique des boues traitées — et des emplois spécialisés dans un secteur aujourd’hui informel et peu régulé.
Pour le Gabon, ce chantier est un test de maturité institutionnelle : passer d’une gestion corrective et réactive à un service public pérenne, c’est aussi un indicateur de la capacité du pays à accompagner durablement sa croissance urbaine sans en subir les externalités négatives.



