DIG / Annoncée depuis plusieurs années comme l’un des futurs moteurs miniers du Gabon, l’exploitation du fer de Milingui doit désormais franchir le cap de la production, avec une première exportation annoncée pour fin 2026.
Milingui, le poids des calendriers repoussés
Le fer de Milingui n’en est pas à sa première promesse de démarrage.
En juillet 2024, le gouvernement présentait déjà son exploitation comme « imminente ».
Un an plus tard, le projet était encore présenté comme devant entrer en exploitation au cours du second semestre 2026, sous réserve de la réunion des conditions nécessaires.
En mars 2026, le calendrier gouvernemental fixait cette fois l’entrée en production à novembre 2026.
La nouvelle annonce d’une première exportation avant la fin de l’année doit donc être regardée à l’aune de cette succession d’échéances.
Le problème n’est pas qu’un projet minier connaisse des ajustements de calendrier. Le problème est que chaque nouveau calendrier repousse le moment où les promesses peuvent être confrontées aux résultats.
Le chantier devra désormais parler plus fort que les annonces
Après plusieurs années de préparation, l’enjeu est désormais celui de l’exécution.
Une mine ne produit ni recettes publiques ni emplois tant que le minerai n’est pas extrait, acheminé et vendu.
Le gouvernement attend de l’ensemble des projets miniers de la Nyanga entre 6 000 et 7 000 emplois directs et indirects. Mais ces projections restent liées à la concrétisation effective des investissements.
Pour Milingui, la prochaine étape devra donc être mesurable : production effective, volumes extraits, infrastructures d’évacuation opérationnelles et première cargaison effectivement exportée.
La crédibilité du calendrier est devenue un enjeu économique
Le sujet dépasse désormais le seul projet minier. À force de repousser les échéances, le risque est de créer un décalage entre l’ambition affichée de diversification et sa matérialisation sur le terrain.
Le projet de loi de finances 2027 prévoit d’ailleurs 1,5 million de tonnes de minerai de fer dans les hypothèses de production nationale.
Ces projections donnent au secteur une place croissante dans les perspectives économiques du pays, mais elles rendent aussi l’exécution des projets plus importante.
Milingui devra donc passer du statut de projet régulièrement annoncé à celui d’actif minier effectivement productif.
Potentiel
Le gisement de Milingui recèle un potentiel exceptionnel estimé à environ 500 millions de tonnes de minerai de fer.
Dans une première phase, l’exploitation portera sur 35 millions de tonnes de minerai à haute teneur, dit DSO (Direct Shipping Ore), pouvant être exporté sans transformation lourde.
Cette caractéristique constitue un atout majeur pour accélérer la mise en production et générer rapidement des retombées économiques substantielles.
L’État gabonais et la société indienne Havila Mining Gabon ont officiellement signé le 15 mai 2026, la première convention d’exploitation de ce gisement de fer, situé dans la province de la Nyanga.



