DIG / Selon les dernières Perspectives économiques de la Banque africaine de développement 2026(BAD, 15,2 milliards de dollars (8500 milliards de FCFA) d’anomalies ont été détectés dans les échanges commerciaux du Gabon en dix ans.
Un manque à gagner fiscal critique et considérable pour le pays.
Où va la richesse issue du sous-sol gabonais ?
D’après le rapport qui s’appuie, sur les travaux de Global Financial Integrity, entre 2013 et 2022, les données commerciales du Gabon affichent un trou noir de 15,2 milliards de dollars de différence entre les exportations/importations déclarées par Libreville et celles enregistrées par ses partenaires étrangers.
Si cet écart colossal n’est pas intégralement de la fraude, il cache une véritable hémorragie financière organisée par certaines multinationales, notamment dans le pétrole et le manganèse.
Comment l’argent s’évapore-t-il ?
Il s’agit souvent, indique le rapport, de sous-facturation. Une cargaison de minerai quitte le pays à un prix déclaré artificiellement bas, réduisant d’autant l’impôt payé à l’État.
La cargaison est ensuite revendue au prix fort depuis un paradis fiscal.
À cela s’ajoutent les manipulations des prix de transfert, qui permettent aux filiales de déplacer discrètement leurs bénéfices vers l’étranger.
Un coût social et budgétaire lourd
Pour le Gabon, l’impact est direct. Cette base fiscale qui s’envole représente virtuellement des kilomètres de routes, des écoles et des hôpitaux en moins.
À l’heure où l’État cherche à sortir du tout-pétrole et à assainir ses finances publiques, chaque million échappant à l’impôt pèse lourdement sur le développement du pays.
La riposte technologique
Face à l’urgence, le fisc gabonais serre la vis sur les industries extractives.
Mais la BAD exhorte le Gabon à « interconnecter d’urgence ses Douanes et ses Impôts pour déployer des systèmes d’alerte » capables de bloquer,en temps réel, ces transactions frauduleuses.


