Hygiène alimentaire : L’Agasa doit-elle aussi « frapper » les vendeurs de vin de palme ?

DIG / L’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA) a récemment durci le ton en interdisant la commercialisation de produits artisanaux très prisés comme le lait caillé en sachet ou le jus de bissap.

L’argument officiel est clair : les conditions de conditionnement manuel et l’origine de l’eau utilisée présentent des risques sanitaires réels.

Cependant, un constat s’impose : pourquoi certains produits sont-ils dans le viseur du régulateur alors que d’autres, tout aussi artisanaux, semblent bénéficier d’une forme d’immunité ?

Le cas du vin de palme : un « angle mort » sanitaire

Le vin de palme, boisson traditionnelle emblématique, est le premier exemple de cette tolérance inexpliquée.

Récolté en forêt, souvent transvasé dans des récipients de récupération dont l’hygiène n’est jamais contrôlée, et exposé à l’air libre sur les marchés, il échappe pourtant aux interdictions strictes.

Le processus de fermentation naturelle (et non naturelle avec l’ajout de certains additifs) et le mode de collecte artisanal ne garantissent pourtant aucune protection contre les contaminations bactériennes.

Les « Mamans Gâteaux » et la street-food

Le constat s’étend à la pâtisserie de rue. Les gâteaux artisanaux, confectionnés par les ressortissants d’Afrique de l’Ouest (communément appelés « Mamans Gatos »), font partie du quotidien alimentaire des Gabonais.

Pourtant :

-La provenance des matières premières (huiles frites à répétition, farines stockées à l’humidité) reste opaque.

-La vente à l’air libre, sans protection contre la poussière ou les insectes, est la norme.

-Le manque de traçabilité est total, tout comme pour le bissap désormais interdit.

Vers une réglementation globale ou un accompagnement ?

L’incompréhension des commerçants de proximité est légitime : pourquoi interdire le lait caillé et tolérer le vin de palme ou les beignets de rue ?

Cette politique de  » 2 poids 2 mesures » pénalise une micro-économie fragile sans pour autant assainir l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Plutôt que l’interdiction pure et simple, qui pousse ces activités vers la clandestinité, de nombreux observateurs préconisent un accompagnement à la mise aux normes.

L’enjeu pour l’AGASA est désormais d’uniformiser ses contrôles : la sécurité alimentaire ne doit pas s’arrêter à la porte de certaines traditions ou de certaines communautés.

 

 

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La Redaction

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