DIG / Le Gabon veut accélérer sa souveraineté alimentaire, mais décide paradoxalement de réduire les moyens pour y parvenir.
Le projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoit, en effet, une coupe drastique de plus de 20 % des budgets alloués à l’Agriculture et à la Pêche.
Auditionnés le 25 octobre 2026 par la commission des finances de l’Assemblée nationale, les ministres Pacôme Kossy (Agriculture) et Georges Christian Waza (Pêche) ont défendu une enveloppe globale d’à peine 34,7 milliards de FCFA, contre 43,5 milliards en 2026.
Paradoxe
Cette contraction budgétaire interroge. Comment moderniser les exploitations, développer l’aquaculture et promouvoir le « Made in Gabon » avec des ressources en si forte baisse ?
L’équation semble d’autant plus complexe que le gouvernement maintient des objectifs ambitieux, comme la suspension très attendue des importations de poulet de chair début 2027.
Inquiétude
Face à cette contradiction, les députés ont refusé de se contenter de simples discours d’intention.
Inquiets pour la production nationale, les élus exigent désormais de la rentabilité.
Pour 2027, chaque franc dépensé devra se justifier par des résultats mesurables, avec des emplois créés, une hausse des volumes produits et une réduction effective des importations.
Les deux ministères sont désormais au pied du mur, car il faudra faire beaucoup mieux, avec beaucoup moins.


