Guiness Slam Tour : Glenn « l’Etre pacifique » couronné grand champion 

DIG/ La deuxième édition du Guinness Slam Tour a rendu son verdict le samedi 8 août 2026 à Libreville, consacrant Glenn Moanda Bignoubma, alias L’Etre Pacifique, venu représenter la province de la Ngounié et sa ville natale de Mouila.

Le lauréat, déjà passé par la phase de qualification de la première édition sans franchir le cap de la finale, explique son retour en ces termes : « Je me suis dit, bon, mieux vaut représenter aussi ma province, la terre sur laquelle je suis né, donc la ville de Mouila précisément ».

Il repart, cette fois, avec le titre national et une moyenne de 9,73, sur 10 dans une compétition qui, pour sa deuxième mouture, avait innové en sortant de Libreville pour aller chercher les talents à Port-Gentil, Mouila, Oyem et Franceville.

Cette territorialisation du concours change la nature même de l’événement, ce que la victoire d’un candidat de l’intérieur du pays vient valider symboliquement.

Des textes ancrés dans le réel gabonais

Les deux textes primés de Lettre Pacifique illustrent une ligne éditoriale assumée par le slam gabonais contemporain : l’engagement social plutôt que la pure performance stylistique.

Sur son premier texte, il précise : « C’était un texte qui met en avant la langue maternelle, qui dénonce, en fait, les personnes déracinées qui n’arrivent pas à parler leur langue et qui marginalisent même les personnes qui s’expriment en langue vernaculaire ».

Le second, lui, racontait « une situation d’une fille qui a abandonné l’école, mais qui se faisait frapper par l’homme avec qui elle sortait, qui était âgé, de base, mais qui avait l’argent, mais qui ne valorise pas la femme ».

Magali Palmira, membre du jury interrogé confirme que cette thématique a traversé une large part des prestations : « La majorité des textes parlaient du Gabon, parlaient des réalités du Gabon, et surtout parlaient de la violence faite aux femmes », ajoutant qu’« il y en a une qui a même parlé du viol ».

Une dotation qui interroge la pérennisation de l’initiative

Au-delà de la dimension artistique, cette édition confirme le rôle croissant du mécénat privé, porté par la marque Guinness via la Société des boissons rafraîchissantes du Gabon en partenariat avec l’agence Black History Arts, dans la structuration d’écosystèmes culturels que les pouvoirs publics peinent parfois à financer seuls.

La dotation d’un million de francs CFA pour le vainqueur, complétée par des lots pour les autres finalistes, ainsi que le principe de caravane itinérante, dessinent un modèle qui, s’il se pérennise, pourrait à terme constituer un vivier régulier de talents pour la scène slam nationale.

Reste que la dépendance à un partenariat commercial unique interroge sur la soutenabilité de l’événement au-delà des cycles de communication de la marque.

Ce que dit cette édition du slam gabonais

Cette finale confirme que le slam s’impose progressivement au Gabon comme un espace de parole sociale plus que comme un simple exercice de style, porté par une génération qui choisit de dire, sur scène, ce que le débat public aborde plus timidement.

Le juré résume d’ailleurs l’esprit de l’initiative : « Ca leur donne l’opportunité de s’exercer, de se confronter, et de dire surtout ce qu’ils pensent dans leur cœur ».

La victoire d’un représentant de l’intérieur du pays, à l’issue d’une édition volontairement décentralisée, ouvre aussi la question de savoir si cette dynamique régionale sera confirmée lors des prochaines éditions.

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La Redaction

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