IA au Gabon : Après les conférences, le vide absolu…

DIG / Séminaires, panels, ateliers : les rencontres consacrées à l’intelligence artificielle se succèdent au Gabon.

Mais sait-on vraiment de quoi on parle ?

Une récente séance de travail organisée avec le PNUD illustre le malaise : des experts italiens étaient présents, là où l’on s’attendait à voir des Gabonais qui travaillent chaque jour dans le numérique et l’IA, au pays comme à l’étranger.

Les standards internationaux existent, mais les réalités locales diffèrent : ce qui fonctionne à Houston ne fonctionne pas forcément à Paris ou à Libreville.

Un expert étranger, même brillant, connaît-il les infrastructures, les contraintes énergétiques, les quartiers et l’environnement administratif gabonais ?

ParlIer d’IA quand les fondamentaux manquent ?

Le paradoxe est criant. Comme l’a souligné tout récemment Steven Obame, expert en Smart Energy, innovation et transformation numérique.

« On débat d’IA et de Big Data dans un pays où le numérique de base reste un défi : connexions qui imposent le recours à un VPN, accès à Internet compliqué dans de nombreuses régions, électricité défaillante, administrations et entreprises où envoyer un e-mail ou numériser un document reste laborieux ».

Il ne s’agit pas de freiner l’innovation, mais de l’adapter à ces réalités. Une stratégie d’IA peut-elle être crédible si elle les ignore ?

Et à quoi bon importer des cadres pensés ailleurs sans placer les experts gabonais en première ligne ?

Quel résultat concret après chaque mission ?

La mécanique est bien rodée : des délégations envoyées à l’étranger, justifiées par les partenariats, les transferts de compétences ou la formation.

Mais que reste-t-il trois mois, un an, trois ans plus tard dans le quotidien des Gabonais ?

Quelques jours pour préparer un PowerPoint, des applaudissements, des photos, puis le silence. La composition de certaines délégations, avec des profils sans lien direct avec le sujet, interroge aussi.

L’alternative existe : à leur retour, ces missions pourraient déboucher, avec un ministère, quelques entreprises et des ingénieurs, sur de vrais projets pilotes, même modestes, mais tangibles.

Des attestations ou des compétences ?

Reste la culture des attestations de participation, qui finissent le plus souvent dans les tiroirs.

Le pays a besoin de vraies formations, avec examens, certifications professionnelles et projets pratiques, capables de produire des Gabonais aptes à développer et à maintenir des solutions.

La compétence, elle, ne ment pas. Reste à savoir si les autorités et les organisateurs de ces rencontres sont prêts à passer de l’affichage à l’exécution.

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La Redaction

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