DIG / Plus de 4 000 visiteurs et 2 500 fiches de besoins : les Journées portes ouvertes du logement, organisées du 29 au 31 octobre 2026 à Libreville, confirment l’intérêt des Gabonais pour l’accession à la propriété.
Mais ces chiffres ne mesurent ni le déficit national ni le potentiel réel du marché immobilier.
Une demande qui reste à mesurer
Les fiches recueillies renseignent sur les préférences des visiteurs, mais pas sur leur capacité financière.
Revenus, apport personnel, solvabilité et accès au crédit : autant de données indispensables pour distinguer les intentions d’achat d’une demande réellement solvable.
Les références historiques donnent une autre échelle du problème.
Le recensement de 2013 estimait à 259 579 le nombre de logements désirés par les ménages.
La Banque mondiale évaluait, de son côté, le déficit à environ 150 000 unités, avec un besoin annuel supplémentaire de 6 000 à 7 000 logements.
Des chiffres anciens qui appellent une actualisation.
Le financement, principal verrou
Le potentiel économique est considérable : construction, matériaux, transport, équipements et emplois peuvent bénéficier d’une politique immobilière ambitieuse.
Mais l’offre doit encore être compatible avec le pouvoir d’achat.
Les logements du programme de 3 100 unités entre Bikélé et Essassa, proposés entre 30 et 80 millions de FCFA, illustrent ce décalage.
Sans financement adapté, maîtrise des coûts de construction et accès facilité au crédit, une partie importante des ménages risque de rester à l’écart.
Au-delà des 2 500 fiches collectées, l’urgence est donc de mesurer le déficit réel, d’identifier la demande solvable et d’ajuster l’offre aux revenus.
L’enjeu n’est pas seulement de construire des logements, mais de créer un marché immobilier capable de loger les Gabonais et de générer de l’activité économique.



