DIG / Le président Oligui Nguema a annoncé, le 17 août 2026, lors de son discours pour le 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, la réquisition des chantiers inachevés qui défigurent Libreville.
Une décision saluée par beaucoup, mais qui soulève des questions sur son application réelle.
Des centaines de bâtiments abandonnés parsèment la capitale, dégradant son image et gaspillant des terrains précieux.
Frapper les spéculateurs immobiliers qui bloquent le développement urbain semble juste. Pourtant, les populations alertent.
Sans garde-fous solides, cette mesure pourrait devenir contre-productive.
Le risque de l’arbitraire
« L’ambiguïté juridique est dangereuse », explique Sylvain, un juriste. « Qui décide réellement de la réquisition ? Sur quels critères ? ».
Sans cadre légal précis, on craint une application inégale.
« Certains propriétaires bien connectés pourraient échapper aux mises en demeure, tandis que d’autres seraient visés rapidement ».
L’effet dissuasif incertain
Autre préoccupation, les délais. Le président n’a pas précisé combien de temps les propriétaires ont pour terminer leurs travaux.
Trop long, la mesure perd de son effet ; trop court, elle devient injuste pour les entreprises ou les propriétaires en difficulté financière.
La question de la compensation
Aucune mention du prix de l’indemnisation. Or, sans clarté sur ce point, les propriétaires contesteront devant les tribunaux, ce qui devrait ralentir l’exécution du projet.
L’ambition est là. Reste à transformer les paroles en actes avec rigueur et transparence.



